L’homosexualité : une maladie (provoquée par les pesticides) ?
La journaliste du Nouvel Observateur, Marie Vaton montre la psychose née par l’affaire du Chlordécone, pesticide utilisé jusqu’en 1993 dans les bananeraies des Antilles.
« Sur l’île, la psychose gagne : on évoque la baisse de la fertilité, les maladies d’Alzheimer, de Parkinson… Les rumeurs les plus folles circulent : la dépression, l’anxiété ? Le chlordécone. L’impuissance, l’homosexualité ? Toujours le chlordécone. Un artiste en fait même une chanson : « Chlordécone, c’est poison, chlordécone, c’est pas bon. »
Et si c’était l’emballement médiatique qui créait la psychose ? Quant aux causes de l’homosexualité, nous laissons à Marie Vaton la responsabilité de ses propos.
Moins d’un Français sur deux (49%) se déclare optimiste sur le Grenelle de l’environnement et les réalisation de ce large débat initié par le gouvernement. C’est l’autre chiffre à retenir du sondage réalisé par LH2 pour Le Parisien dont nous vous avons déjà parlé hier.
L’hebdomadaire Valeurs Actuelles s’intéresse cette semaine au Grenelle. LE journaliste Valentin Goux s’est amusé à enquêter sur le « capharnaüm écologiste », comprenez les associations invitées au Grenelle malgré leur côté « saugrenu ou carrément loufoque ».
Morceaux choisis :
« La Ligue ROC par exemple, présente dans plusieurs des groupes de travail, milite pour les droits des « non-chasseurs ». (…) Dans le groupe 2, autour du thème « Préserver la biodiversité et les ressources naturelles », on trouve l’association Cœur de forêt qui vise à la « valorisation des la pérennité des tradi-praticiens ». Il s’agit des « chamans, currendeiros et hommes-médecines », sorciers, guérisseurs ou devins d’Asie, d’Amérique latine ou d’Amérique du Nord ». (…) Au sein du groupe 6 consacré à la « Promotion des modes de développement écologiques » a pris place le Groupe de recherche inter et trans-disciplinaire (GRIT). Ce cercle d’«intellectuels » a l’ambition de devenir « un centre de ressources international, organisé en réseau fractal d’intelligence collective, au service du renouveau de la pensée moderne ». Tout un programme ! (…) L’organisation Sciences citoyennes, présente dans le groupe consacré à la réflexion sur la démocratie écologique, veut « réunir des chercheurs scientifiques critiques et des « profanes » engagés dans des luttes où ils rencontrent – voire conteste – la technoscience dominate et l’expertise officielle ». (…) Manquait pourtant Robin des Bois, une association pour la protection de l’homme et de l’environnement, qui n’avait pas été invitée initialement au Grenelle (…) [qui] propose aussi aux Français de les aider à lutter contre les « Beurk, Vroom, Pouah, Tuuut, Vring, Pinpon » et autres « Splotch » de la vie quotidienne. Il eût été dommage pour le bien de la planète de se priver de telles autorités an matière environnementale. »
Et oui, on l’oublie trop souvent, mais l’environnement, c’est un sujet sérieux !
93% des français se disent “prêts à changer leur comportement pour sauver la planète” selon le quotidien Le Parisien . Ha la belle affaire. Comment répondre non à une telle question ?
Le scoop, c’est en fait celui-là : il y a 7% de français qui ne veulent rien faire pour sauver la planète !! A moins qu’ils ne soient tellement fatigués de ce type de sondage inepte qu’ils répondent n’importe quoi. Et dire que le gouvernement a commandé ce sondage à l’institut LH2 sur nos impôts…
Incroyable ! L’environnement s’affiche chaque jour un peu plus à la une des médias. Pas une semaine sans lire des articles sur le réchauffement de la planète, la pollution, les pesticides, les OGM, le Grenelle dans les hebdo généralistes (Le Point, L’Express, Le Nouvel Obs’…). Pas une journée sans tomber sur des articles sur les revendications de l’Alliance pour la Planète, les pensées de Nicolas Hulot ou Yann Arthus-Bertrand, les dangers de l’agriculture et de l’industrie. Bref, jamais l’écologie au sens large n’a eu une telle aura dans les médias. A cette vague médiatique, il faut ajouter la communication publicitaire. Aujourd’hui, que ce soit pour vendre des yaourts, des savons, des voitures ou des maisons, il faut être respectueux de la planète.
Je ne vous apprends sans doute rien. Et pourtant, Jean-Louis Borloo ne doit pas être au courant. Sans doute ne vit-il pas dans le même monde que vous et moi. Car notre ministre de l’écologie a osé convoquer hier plusieurs dizaines de patrons de médias. Il leur a demandé de « s’engager à amplifier les émissions ou les reportages consacrés aux grandes urgences environnementales ». Incroyable, non ?
Mais à bien y réfléchir, on peut trouver une explication. Jean-Louis Borloo a lancé il y a quelques jours, avec l’aide de Nathalie Kosciusko-Morizet, la chaîne du Grenelle sur You Tube. Et le succès n’est pas au rendez-vous. Sur les 67 vidéos en ligne, seules 4 ont été vue plus de 1000 fois et les 63 autres ont été vues moins de 200 fois. Parmi elle 56 ont été vue moins de 100 fois. Bref, le Grenelle a du mal à prendre sur le web malgré une (déjà trop ?) forte couverture médiatique. Mais en incitant les médias à parler encore plus de l’environnement, ne va-t-il pas finir par rendre les Français hermétiques à ces questions ? Attention : trop c’est trop !
Un sondage exclusif BVA pour Valeurs Vertes, à paraître mercredi 26 septembre, révèle que si les Français font confiance aux agriculteurs en matière d’environnement (80,4 % d’entre eux), ils ont une connaissance limitée des bonnes pratiques agricoles (67 %).
Selon le sondage, publié dans ce bimestriel dédié au développement durable, les Français sont demandeurs d’informations sur règles et pratiques agricoles. 95 % jugent utile ce type d’information et 42 % l’estiment même indispensable. Mais une majorité de sondés s’estime mal informée sur les pratiques agricoles : 67 % déclarent en avoir une connaissance limitée.
Site internet de Valeurs Vertes : http://www.valeursvertes.com
Source : Milfeuille Presse / TV Agri
“Va pour les retours de bâton. Tout le monde il est bio, tout le monde il est joli, c’est faux. Les gens bio peuvent se révéler très chiants. Passe encore la jubilation à lever les lièvres anxiogènes (dernier en date, les parabens), ou la propension à la thèse (notamment sur le goût des produits, incomparable, affirment-ils, ou sur le prix des produits, pas si élevé, affirment-ils). Plus gênant : le côté «droit dans mes bottes» que certains développent allègrement, si convaincus qu’ils sont de penser sain et juste (pour leur propre bien-être et celui de la planète), de bouffer sain et juste (pour leur propre bien-être, etc.), de vivre sain et juste (etc.) - en raccourci, eux ont tout compris, sont hypra équilibrés (même si leurs magasins ressemblent à des pharmacies), et, cerise sur le tofu, ils oeuvrent au bonheur commun ; la classe, quoi. Bref, le gens bio peut à sa façon oeuvrer à un nouvel ordre moral, ce qui donne de grosses envies de dissidence”
C’est le premier paragraphe d’un portrait sur Katharine Hamnett, qui prône le bio et l’éthique dans l’industrie du vêtement (Libé du 17/09/07). Pour être tout à fait juste, la journaliste Sabrina Champenois est ensuite charmée par son sujet.
Quant à moi, je pense que le bio est fait pour les consommateurs qui le souhaitent. L’idéologie pro-bio actuelle m’est suspecte, je l’avoue.
La mode est au bio, on le sait. Comment un Ministre comme Michel Barnier peut-il avancer : “Il faut du bio chaque jour dans les cantines”.
A ma connaissance, il n’y a pas d’études sérieuses montrant que le bio est largement meilleur pour la santé (j’attends vos commentaires là-dessus). Un directeur du développement durable de la grande distribution rappelait que les consommateurs achetaient du bio pour leur santé. Alors que l’objectif initial était le respect de l’environnement. Quiproquo donc.
Question : pourquoi le Ministre de l’agriculture veut-il tant faire la promotion du bio ? Pour être tendance ? Pour créer la demande et faire progresser la culture bio en France ? “Un partie des parlementaires UMP sont réticents face au projet de cantines bio” commente le Monde (22 septembre 2007). Pourquoi ? Les prix sont plus élevés de 15 à 20%.
Angélisme du Ministre ?
L’affaire née du rapport Belpomme sur les bananeraies des Antilles ne fait pas que des malheureux. Illustration ici avec le site de vente en ligne natoora.fr qui présente une situation catastrophique aux Antilles avant de conclure « Pour des fruits d’origine saine garantie, faîtes vos courses sur Natoora.fr »
Ce site de vente en ligne a été créé par Jean-Patrice Quenedey en 2001. Et dans une interview au magazine Entreprendre, il déclarait « ce qui compte, ce n’est pas d’avoir la grande idée, mais d’avoir constamment le souci d’innover. » Pourtant se servir de la polémique sur les bananes des Antilles et jouer sur les peurs est loin d’être une innovation. Dommage d’utiliser de telles méthodes.
Denis Sergent dans le journal La croix est pris en flagrant délit d’angélisme. Le journaliste énumère un certain nombre de pistes pour que les agriculteurs préservent l’environnement. Et de conclure : “Bien entendu, en contrepartie, il lui faudra accepter que le rendement baisse un peu”. (Lire l’article ici)
Qui paiera cette baisse de rendement ? Alors que nombre d’agriculteurs ont du mal à boucler leur fin de mois !
Halte à l’idéalisme des bobos. On imagine que Denis Sergent acceptera volontiers de rémunérer sur sa propre paye le service environnemental de l’agriculteur. Après tout, ce ne sera qu’une baisse de rendement sur le salaire du journaliste…
A l’occasion du Grenelle de l’environnement qui s’affiche à la une de tous les médias, Alerte Environnement a décidé, grâce à votre aide précieuse, de publier une présentation des ONG et des « experts » qui participent au Grenelle.
Ces dossiers rencontrent du succès puisque le nombre de visites sur le site ne cesse de croître. Nous y voyons un encouragement à diffuser une information que l’on trouve difficilement par ailleurs.
Notre décryptage sur le rapport ‘insecticides aux Antilles’, présenté la semaine dernière par le Pr. Belpomme, est un exemple d’analyse que nombre d’entre vous attendent. Après en avoir fait leur Une, les médias commencent à mettre en doute les accusations du Pr. superstar des médias (Le Figaro, le Monde…).
Il est donc nécessaire de proposer au plus grand nombre une base de portraits et d’études accessible sur les acteurs influents du milieu environnementaliste. Pour vous aider à analyser les pseudos-scoop d’autres Belpomme.
C’est pourquoi ces informations sont désormais directement accessibles par un menu visuellement attractif. Les derniers commentaires postés sont désormais accessibles directement dans le menu de gauche. Le but étant de faciliter les échanges entre internautes.
Bon décryptage.
Curieusement, Nicolas Hulot est le grand absent du battage médiatique autour du grenelle de l’environnement. Depuis la signature de son pacte écologique par la plupart des candidats à l’élection présidentielle, il est resté bien en retrait. « Il voulait laisser le temps aux différents collèges et aux associations de lancer le débat, mais il interviendra avant la fin et sera autour de la table ronde » selon Jean-Paul Besset, le « Monsieur Grenelle » de la Fondation Nicolas Hulot.
La FNH présentera la semaine prochaine une série de propositions suite aux conclusions des groupes de travail. Il y a fort à parier que ces propositions vont fortement peser dans les débats prévus fin octobre. Malgré sa relative absence ces derniers mois, Nicolas Hulot reste un personnage emblématique… et politique.
A propos du rapport Belpomme pompeusement intitulé « Rapport d’expertise et d’audit externe concernant la pollution par les pesticides en Martinique », on a pu observé un grand silence sur l’équipe qui a réalisé cette étude. Le Pr. Belpomme n’était pas seul pour mener son enquête. Il était secondé par Claude Bourguigon, Philippe Irigaray, André Picot, Claude Reiss, et Gille-Eric Séralini. Et il suffit de regarder d’un petit peu plus près cette fine équipe pour mieux comprendre l’agitation médiatique de cette demaine.
- Philippe Irigaray est membre de l’équipe scientifique et administrative de l’Artac (Association pour la Recherche Thérapeutique Anti-Cancéreuse). C’est donc un proche du Pr. Belpomme, président de l’Artac.
- André Picot est quand à lui journaliste pour « L’âge de faire », revue soutenue par l’Alliance pour la Planète où il signe des articles intitulés par exemple « la toxicologie, mal aimée de la chimie ».
- Claude Reiss est pour sa part collaborateur à la revue L’Ecologiste. (voir l’enquête d’Alerte Environnement sur cette revue).
- Enfin Gille-Eric Séralini n’est pas un inconnu des militants anti-pesticides.
Il faut également préciser que toutes ces personnes ont signé le fameux « Appel de Paris » orchestré par le Pr. Belpomme (plus d’information ici). Avec ces éléments, pas de quoi être surpris ni par les conclusions alarmistes du rapport, ni par l’absence de données scientifiques fiables, ni par la maîtrise parfaite d’une communication bien huilée.
On a beaucoup lu ici ou là ces derniers jours que le Pr. Belpomme avait remis son fameux rapport sur les Antilles à l’Assemblée nationale. En réalité, il n’a remis ce rapport à personne. Il a simplement présenté son rapport à l’Assemblée nationale, c’est-à-dire dans les murs du Palais Bourbon. C’est grâce à la complicité d’un député que Dominique Belpomme a pu bénéficier d’une salle de l’Assemblée pour y accueillir les journalistes et leur faire part des conclusion de son rapport. Rien d’officiel donc. L’ambiguïté a été bien entretenue : le Pr. Belpomme est décidemment un fin communicant.
Lu dans les dernier numéro de Valeurs Actuelles
« L’ouverture continue : Borloo vient de discrètement nommer parlementaire en mission, la sénatrice et ex-présidente verte du conseil régional Nord Pas de Calais, Marie Christine Blandin »
Peu à peu les dates qui structurent le Grenelle surgissent, éclaircissant les tenants et aboutissants de ces états généraux. Ainsi la semaine prochaine, chacun des groupes de travail aura rendu et validé cinq à dix grands chapitres qui constitueront un “kit de propositions”. Ce dernier sera envoyé en régions, où se tiendront une quinzaine de réunions entre le 4 et le 19 octobre -c’est l’étape 2 du Grenelle: le débat public. En parallèle, une consultation publique sur internet sera ouverte à tous.
Enfin, la date de la table ronde finale a finalement été rendue publique: le grand rendez-vous se tiendra entre le 27 et le 30 octobre.