Et si le bio n’était pas si bon ?

25 septembre 2007

La mode est au bio, on le sait. Comment un Ministre comme Michel Barnier peut-il avancer : “Il faut du bio chaque jour dans les cantines”.

A ma connaissance, il n’y a pas d’études sérieuses montrant que le bio est largement meilleur pour la santé (j’attends vos commentaires là-dessus). Un directeur du développement durable de la grande distribution rappelait que les consommateurs achetaient du bio pour leur santé. Alors que l’objectif initial était le respect de l’environnement. Quiproquo donc.

Question : pourquoi le Ministre de l’agriculture veut-il tant faire la promotion du bio ? Pour être tendance ? Pour créer la demande et faire progresser la culture bio en France ? “Un partie des parlementaires UMP sont réticents face au projet de cantines bio” commente le Monde (22 septembre 2007). Pourquoi ? Les prix sont plus élevés de 15 à 20%.

Angélisme du Ministre ?

Posté le 25 septembre 2007 par Alerte-environnement

Catégorie Agriculteurs |

16 commentaires sur “Et si le bio n’était pas si bon ?”

  1. Le 25 sept 2007 à 11:40 par rageous #

    Ca va y’aller bon train les reconversions en AB! Déjà en élevage bon nombre s’y sont essayés, utopique même en élevage extensif, ingérable, à moins de baisser l’effectif animal de son exploitation pour maitriser la conduite de l’élevage dans les normes parce que le recours à des traitements (vermifuge, antibios, etc.) supplémentaires en douce est inévitable. Peine perdue…d’autant que les filière commerciales en viande sont quasi inexistantes, les produits carnés sont déjà onéreux (agneaux, veaux, boeufs), reste la vente directe mais les abbatoirs agréés bio sont rares…pour promettre le bien-être animal sans traumatisme avant l’abbatage. Si “la carotte” à la reconversion est augmentée, il va y’avoir un paquet de “bio” dans les étables et autres bergeries, mais dans la durée?

  2. Le 25 sept 2007 à 11:59 par Abrararoucix #

    C’est un peu facile de donner des leçons aux agris (et je ne suis pas agri moi-même). Faites ci, faites ça. Baissez vos rendements, vos revenus. Laissez des terres pour la biodiversité. Mais qui paiera le manque à gagner. ? Tout à fait d’accord sur l’angélisme ambiant.

  3. Le 25 sept 2007 à 13:29 par Claude BESNARD #

    Une information complète sur la culture et la consommation du bio par Léon GUEGUEH est sur le site http://www.pseudo-sciences.org dans la rubrique Ecologie Environnement

  4. Le 25 sept 2007 à 13:30 par rageous #

    Y’a comme un hiatus, augmentation, incitation à la bio et info ce jour: de plus en plus de français boude les fruits et légumes (aussi le poisson) parce que trop chers, alors le bio réservé aux nantis?

  5. Le 26 sept 2007 à 9:23 par Pascal #

    c’est bien connu allons!! ce qui est naturel est bon, vous devriez savoir ça chez alerte-environnement : la cigüe, l’arsenic, les micotoxines, la carie du blé tout ça c’est naturel que du bon pour vos enfants!
    à voir l’article sur http://www.agriculture-environnement.fr sur le bio en angleterre

  6. Le 27 sept 2007 à 18:11 par Laurent T. #

    A l’inverse, Pascal, et les autres, le tout chimique dont sont issus les traitements phyto-sanitaires systématiques, c’est trop bon pour la santé.
    Perso, tous les matin, un bon verre de Decis pur, et je “pète la forme”!!!

    A vous lire, ainsi que les articles de ce site, on croirait que tout est tout noir ou tout blanc. Or, dans la réalité, les choses sont beaucoup plus complexes, et le défi qu’impose le fait de vouloir nourrir sainement la planète, obéit à des contraintes qui expliquent qu’il n’existe pas de solution miracle. Ni dans le “tout Bio” ni dans le “tout productiviste”!

    Combiens de produits utilisés dans l’agriculture “classique” ont fait l’objet d’études de toxicité poussées et réalisées sur le long terme ?!
    Bien peu en réalité !
    Même le fameux “Projet REACH” qui veut s’attaquer à ce genre d’étude, n’envisage de tester réellement que 3000 produits sur plus de 100 000 utilisés.

    Un peu de mesure de part et d’autre, et l’on pourra éviter l’intégrisme écologique de même que le lobbying des grandes firmes transnationales, qui, tous deux, ont tendance à biaiser les éléments du débat.

  7. Le 28 sept 2007 à 10:27 par rageous #

    Assez d’accord, mais il ne me semble pas qu’on prône le tout chimique, mais garantir un produit le plus sain possible autant au niveau sanitaire, qualitatif et quantitatif, non?
    Le bio avec le temps humide de cette saison n’a-t-il pas demandé de dérogation pour lutter contre l’oïdium et le mildiou avec des produits de synthèse?
    Les études ne sont sûrement pas absentes la preuve 13 matières actives vont êtres retirées du marché avant la fin 2008, il s’agit de 12 insecticides et d’1 herbicide. Qu’on ne vienne pas dire après que tout est fait pour contenter le lobby phyto.
    Quant à REACH c’est plus orienté sur les produits ménagers, de toilettes et la panoplie des colorants ajoutés dans la bouffe, non?

  8. Le 28 sept 2007 à 11:31 par rageous #

    le lien sur les dérogations en bio pour la viticulture:
    http://www.agriculture-environnement.fr/AENEW/article.php3?id_article=235
    Le bio ou c’est tout bon ou t’as plus rien!

  9. Le 28 sept 2007 à 11:41 par Abrararoucix #

    Je découvre aussi les limites du bio. Il parait que dans autres pays européens, les bio peuvent utiliser, en cas d’attaque parasitaire majeur, des produits phytos. Vous confimer ?

  10. Le 28 sept 2007 à 12:21 par rageous #

    C’est le côté officiel, mais considérer que officieusement il s’en passe de bien bonnes, exemple un plein épendeur de guano issu d’élevage industriel épendu chez un maraicher bio, c’n'est pas une rumeur…ou un viticulteur conventionnel qui vend ses derniers tombereaux de raisins à un vigneron en AB…Des traitements sur céréales ou sur maïs à proximité d’un potager bio, traitements qui débordent forcément…que disent les contrôleurs d’Ecocert?

  11. Le 28 sept 2007 à 14:52 par zygomar #

    “Combiens de produits utilisés dans l’agriculture “classique” ont fait l’objet d’études de toxicité poussées et réalisées sur le long terme ?!
    Bien peu en réalité !
    Même le fameux “Projet REACH” qui veut s’attaquer à ce genre d’étude, n’envisage de tester réellement que 3000 produits sur plus de 100 000 utilisés.”

    Les produits phytosanitaires ne sont pas concernés par REACH car ils sont régis par la Directive 91/414 qui comme sont nom l’indique date de 1991!!
    Procurez vous cette directive et ses annexes (çà doit faire dans les 750 pages ) et vous verrez le nombre et le type d’études qui sont exigées pour constituer un dossier de demande d’autorisation de mise sur le marché (homologation et ré-homologation). Toutes les matières actives qui étaient sur le marché avant 1987 (sous toutes réserves, je ne me souviens pas de la date exacte) ont été soumises à ré-homologation sur la base de ces exigences réglementaires et bien entendu toutes les nouvelles matières actives (et toutes leurs formulations bien sûr). Alors ne dites pas de sottises en ne sachant pas exactement de quoi vous parlez.

    “tester réellement que 3000 produits sur plus de 100 000 utilisés”

    D’où sortez vous çà? C’est évidemment faux.Si mes souvenirs sont exacts, ce serait 30.000 car sur les 100.000 molécules concernées par REACH de nombreuses d’entre elles sont chimiquement suffisamment proches pour ne pas nécessiter d’être testées séparément. C’est la véritable raison et non un quelconque passe-droit ou facilité ou une gentillesse faite aux grands capitalistes pollueurs irresponsables et indifférents à la mort lente de la planète.

  12. Le 28 sept 2007 à 19:00 par rageous #

    le lien direct de Claude Besnard, http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article692

    avis assurément interressant et j’en ai trouvé un sur le Baccillus turengensis qui me titillait depuis un moment, merci Claude.

  13. Le 29 sept 2007 à 9:09 par zygomar #

    “Ca va y’aller bon train les reconversions en AB! ”

    Publication récente de l’Agence Bio (créée en 2001 par Yves Cochet et Jean Glavany) de son rapport annuel 2006:
    - nombre d’exploitations en production bio: 2004: 11.059.
    2005: 11.402.

    Productions végétales biologiques (surfaces concacrées aux grandes cultures bio):126.043 hectares en 2005 contre 113.719 ha en 2006, soit moins 10.84%.
    Pour les céréales: 95.417 ha en 2005 et 83.861 ha en 2006.
    Protéagineux: 11.439 ha contre 11.150.
    Etc…On peut ainsi multiplier les exemples de l’effondrement des productions végétales biologiques.
    Il n’y a donc pas eu et il y a peu de chances que survienne comme vous l’anticipez une “frénésie de reconversions”.

  14. Le 30 sept 2007 à 21:17 par Sébastien #

    Mais dites moi dites moi ce site est très très étonnant !!!

    Sous pretexte de s’attaquer aux lobbies, voici des gens qui critiquent systematiquement tout ce qui pourrait faire avancer l’écologie, même un tout petit peu, c’est drole tellement ce n’est pas crédible !

    Essayez un peu d’être objectif quand même.

  15. Le 01 oct 2007 à 14:14 par Alain Moisan #

    C’est marrant que pour être écolo, ons soit obligé d’être vert, pro-grenelle, anti-nucléaire…. y en marre non
    L’objectivité, c’est important, ce qui l’est plus :l’esprit crititique. Et là dessus le bouquin que sort Kerasdoué sur les chevaliers de l’apocalypse est le bienvenu comme le livre du Girondeau : écologie la grande arnaque. Le drame dans tout ça, cest que les politiuqs sont à la botte de l’opinion publique. ça manque un peui de courage tout ça.

  16. Le 01 oct 2007 à 15:50 par rageous #

    Les reconversions à partir de 2001, voir dans la rubrique “agriculteurs” le billet “où va l’agriculture bio?” un graphique de l’Observatoire National de l’AB qui parle de lui-même, le nombre de reconversions n’est pas négligeable… On peut penser qu’avec une nouvelle incitation d’autres puissent tenter l’aventure…
    Quant à penser à un effet durable, l’expérience montre que c’est très aléatoire!
    Un bon décryptage est fait là : http://www.agriculture-environnement.fr/AENEW/article.php3?id_article=253

    (sans doute ta source Zygomar!)
    Mais peut-être l’Agence manque-t-elle de formateurs bardés de connaissances agro-biologiques* pour faire de la pédagogie auprès des agriculteurs? Un voie à explorer Sébastien, non?
    *Parait que c’est prévu dans le prochain programme éducatif des établissements agricoles.
    Le nombre de techniciens agricoles à notre chevet n’est pas prêt de diminuer…
    Et pendant ce temps on manque cruellement de méccanos agris, par exemple…

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