Mot d’introduction des présentateurs de « La santé polluée », hier soir sur France 3. On remarque l’utilisation du conditionnel et l’utilisation du terme “risque”. Le mélange des genres entre “le risque” et “le danger” est bien réel.
« Téléphone portable, OGM, pesticides, amiante, ligne à haute tension, pollution de l’air. Si vous avez choisis de nous regarder ce soir, c’est probablement parce que vous vous demandez si tout ce que je viens de citer à un impact sur notre santé.
(…) Notre environnement change vite. Alors est-ce que ces changements nous font courir des risques. Les téléphones portables vous le savez sont accusés par certains de donner des tumeurs au cerveau, les pesticides seraient responsables de stérilité et même de provoquer des maladies neurologiques, quand aux OGM, ils seraient à l’origine d’allergies. Alors faut-il croire tout ce qu’on raconte ? Quelle est la part de vérité scientifique et celle de la rumeur ? C’est ce que nos journalistes ont voulu savoir et vous verrez qu’entre ce qu’on ne sait pas et ce que l’on ne dit pas il y a parfois de quoi être inquiet. »
A propos de l’émission spéciale « La santé polluée » diffusée hier soir sur France 3
“Nouveau prime pour Michel Cymes et Marina Carrere d’Encausse…Il faut dire que ça marche plutôt pas mal…On se souvient des 15% de l’émission sur la sexualité en février, des 15% de l’émission sur la mémoire en avril…Et bien pas mal non plus encore hier…3 398 000 intéréssés soit 14,3% de PDM…“ (source : jeanmarcmorandini.com)
Le business de la peur a encore de beaux jours devant lui.
« La pollution a-t-elle des effets sur notre santé. Une maladie sur quatre liée à l’environnement pourrait être évitée. Ce que l’on mange, ce que l’on boit, l’air que l’on respire, le bruit et les champs magnétiques, tout peut être source d’agressions. La santé polluée : vos questions, nos réponses, un nouveau numéro de notre magazine interactif pour vous sensibiliser et vous informer »
Voilà la voix off de la bande annonce du magazine « La santé polluée » diffusé ce soir en prime time sur France 3. « Ce que l’on mange, ce que l’on boit, l’air que l’on respire, le bruit et les champs magnétiques, tout peut être source d’agressions ». Voici donc un résumé du « business de la peur ». Bien entendu, la pollution existe, mais pourquoi continuer à répandre ces peurs auprès du grand public ? Qui est le gagnant de cette propagande ?
Tout d’abord France Télévision qui s’achète à moindre coût une « bonne conscience écolo » en osant ( !) diffuser en première partie de soirée un tel documentaire. Mais cette programmation fait d’autres heureux. Pour cela, il suffit de se rendre sur le site web de France 3 pour découvrir quelles sont, selon la rédaction de l’émission, les références sur le sujet. Et là, oh surprise, on retrouve pêle-mêle Gilles-Eric Seralini, Fabrice Nicolino ou encore François Veillerette. Ces derniers peuvent ainsi augmenter encore leur audience auprès du grand public et des rédactions toujours avides de polémiques. Coïncidence : tout ces pseudo experts en profite pour rappeler leur propre bibliographie (et arrondir ainsi confortablement leurs fins de mois ?)
Extrait d’une interview de Nicolas Hulot publiée hier dans la Télégramme :
« La France ne peut pas être vertueuse seule mais elle doit entraîner l’Europe en mettant la barre haut. Si le seul but de l’Europe est de prendre des marchés… On ne doit plus hésiter à avoir de la décroissance. Par cela j’entends diviser notre consommation d’eau ou d’énergie. C’est de la décroissance, mais il vaut mieux l’organiser. Plus que jamais, il faut de la régulation publique, n’en déplaise aux libéraux. La croissance ne pourra pas perdurer avec l’épuisement des ressources et matières premières. »
Tout s’éclaire sur les objectifs du toujours très actif animateur télé…
« Je cherche les radios ou les télés qui émettent, ne serait-ce que quelques secondes, des réserves sur les infos qu’elles donnent à propos du réchauffement. Sur ce sujet, aussi aléatoire, imprécis, incertain, balbutiant et grave à la fois, où est l’esprit critique ? Si nous pensons tous la même chose, c’est que nous ne pensons rien. (…) L’inertie thermique de l’eau est telle que, depuis soixante-dix ans, les océans se réchauffent plus lentement que l’atmosphère. En ce moment, ils accumulent et stockent une énergie calorifique colossale et ils vont un jour la libérer, quoi que nous fassions… Tous nos efforts pour rééquilibrer les températures seraient donc vains. (…) Dès que l’on prend un peu de hauteur, les moyennes s’aplatissent comme pour nous montrer que, en annonçant l’apocalypse à la vue des trente dernières années, nous réagissions le nez dans le guidon et qu’il peut encore se passer bien des choses en matière climatique dans les décennies qui viennent.»
Valeurs Actuelles propose cette semaine un article choc consacré au dernier ouvrage de Laurent Cabrol, présentateur vedette de la météo pendant des années.
“La Terre se réchauffe ou se refroidit… sans notre aide. C’est la théorie du livre choc de Laurent Cabrol qui s’élève, arguments scientifiques à l’appui, contre le bien-pensant écolo. Extraits.
« On cherche à nous faire croire que nous sommes les grands fautifs du réchauffement. Or, nous émettons, nous, Français, 2 à 3% seulement du total des émissions de gaz à effet de serre de la planète. (…) En réduisant de 10 kilomètres/heure notre vitesse sur les autoroutes, nous économiserions en un an ce que les chinois consomment en trois heures. (…) Economiser de l’énergie est salutaire, surtout au prix de l’essence, mais cessons de nous dire que l’on sauve la planète en prenant son vélo. (…)”
Le Bureau de vérification de la publicité (BVP) a émis un avis négatif concernant une campagne publicitaire incitant à réduire ses déchets. On se demande ce que pensaient les casseurs de pub et les décroissants de cette initiative. Difficile de se positionner contre une publicité décroissante…

Dans un reportage incroyable, Europe 1 raconte comment les militants anti-OGM sont formés. Ils suivent des stages de simulations et d’actions où ils apprennent comment devenir médiatiquement correct et médiatiquement actifs. Objectif : de belles images pour influencer l’opinion publique, les médias et les parlementaires. Toutes les actions médiatiques sont soigneusement préparées et répétées avec la complicité d’anciens militants de Greenpeace.
Les pauvres volontaires sont en réalité manipulés pour les besoins des dirigeants de ces organisations extrémistes.
Ecouter le reportage
Deux poids, deux mesures : exemple à l’appui.
Lorsque les media évoquent la diffusion du film ’Le monde selon Monsanto’ sur Arte, il s’agit d’informer le grand public.
Lorsque ce même film est projeté à l’Assemblée nationale, que 9 tonnes de maïs sont déversés en plein Paris par Greenpeace, que des manifestations sont organisées le week-end dernier, il s’agit toujours de sensibiliser le grand public.
En revanche, quand la FNSEA envoie une lettre aux députés, il s‘agit de… lobbying. Quand les semenciers prennent des contacts avec des élus, que des réunions de travail sont organisées entre les entreprises et ces mêmes élus, il s’agit toujours de … lobbying.
Soyons clair : dans les deux cas, il s’agit de… lobbying. C’est juste une question de sémantique… ou de parti-pris.
Greenpeace et WWF sont partenaires d’un numéro hors-série exceptionnel du journal « Spirou » en vente actuellement. 132 pages de conseils et de bandes dessinées intégralement consacrés à la environnement (”Demain, ta planète ». 4,90 euros). Une partie des bénéfices de ce numéro servira à sauver des arbres d¹Amazonie.
Pleins de bonnes intentions tout cela. Qui pourrait s’opposer à cette initiative apparemment généreuse, solidaire, pardon citoyenne ?
Si vous voulez que vos enfants fassent une névrose, si vous voulez créer des angoisses et des peurs chez eux, achetez ce numéro.
L’éditorial fait froid dans le dos (c’est le but) : ” S’il n’est pas encore trop tard pour réagir, il ne faut plus tarder trop longtemps, si l’on ne veut pas se retrouver avec les pieds dans l’eau durant certains mois, accablés par la sécheresse à d’autres périodes, et obligés de porter un masque à oxygène dans des villes où la nature aura disparu pour cause de pollution. C’est original comme look, le masque à oxygène, mais à choisir, je préfère encore pouvoir respirer librement et avoir des arbres, des papillons et de petits oiseaux à regarder. Et pour cela, il nous suffit de changer nos habitudes. De consommer autrement. Et d’agir.”
De notre côté, agissons contre la désinformation des ONG, contre les nouveaux marchands de peur et pour un véritable respect de l’environnement.
Arte a organisé un chat mardi dernier de 22h45 à minuit avec comme invité Marie-Monique Robin.
Interrogée sur l’existence d’un lobby international anti-OGM, la réalisatrice du documentaire a répondu oui du bout des lèvres : « Ce que j’ai constaté en voyageant partout dans le monde, c’est qu’il y a des résistances contre le monopole que Monsanto essaie de constituer. Le site Internet www.combat-monsanto.org a pour but de créer une synergie entre tous ces mouvements ». Marie-Monique précise n’avoir subit « aucune pression de la part de Monsanto » mais rappelle que « Monsanto a déjà fait interdire des reportages notamment aux Etats-Unis ». On n’en saura pas plus. Dommage, car il est si facile de lancer des pistes de censure sans aucune précision.
Retrouvez l’intégralité du chat ici
Au début du documentaire « Le Monde selon Monsanto », une jeunne femme lance un recherche sur Google avec le simple mot Monsanto et elle obtient 7 570 000 résultats. Essayez par vous-même et vous ne trouverez que 3 850 000 résultats.
Arte a réalisée la bonne opération en diffusant le documentaire (volontairement) polémique sur Monsanto. 1,4 millions de personnes étaient devant la petite chaine franco-allemande hier soir, soit 6,5% d’audience. Sans véritable révélation, ce documentaire est un exemple de coup médiatique bien monté.
En attendant notre analyse…
« Le monde selon Monsanto » commence déjà à défrayer la chronique. Mais curieusement, le petit milieu du PAF (paysage audiovisuel français) reste insensible à ces polémiques. Illustration avec les 2 sites majeurs d’information du PAF (le blog de Jean-Marc Morandini et le site Imedias) qui ne fournissent aucune information sur le controversé documentaire d’Arte.
Ignorance ou snobisme ?
Si vous travaillez pour Monsanto, vous devez passer de sacrés mauvaises soirées en famille ou entre amis. Tout le monde doit vous tomber dessus. Dîtes plutôt que vous travaillez pour La Poste. Mieux encore, pour Greenpeace. Là, on vous écoutera et vous serez admiré pour votre action en faveur de la planète. Succès assuré.
Car Monsanto, c’est le grand méchant. La vague médiatique contre l’entreprise américaine est sans commune mesure.
Le reportage diffusé ce soir sur Arte (’Le monde selon Monsanto’), le livre du même titre écrit par la journaliste Marie-Monique Robin l’assène : Monsanto est infréquentable. Un exemple parmi les nombreuses reprises média : la manchette du journal 20 minutes (2,1 millions de lecteurs) affirme : « une enquête épingle Monsanto géant américain du maïs OGM ».
Attention, la vague médiatique ne fait que commencer.
D’ailleurs, les enfants n’ont plus peur du grand méchant loup mais du grand méchant Monsanto.
Selon le blog de Jean-Michel Apathie, à propos de l’éventuelle arrivée de Claude Allègre au gouvernement, « Jean-Louis Borloo a indiqué que toute nomination le concernant devrait obligatoirement être suivie d’une explication de sa part. Le sous entendu est clair: pour le ministre de l’Écologie, il ne pourrait s’agir que d’un renoncement à ses thèses contestatrices du réchauffement climatique. »
Le résultat des élections d’aujourd’hui devrait influencer la future décision de Nicolas Sarkozy à propos d’un remaniement.
Une Mariannes d’OR-Grenelle de l’environnement, a été remise au Sénat à Charles Kloboukoff, PDG Groupe Léa Nature en novembre dernier. On apprend dans le dossier de presse que ce Concours cherche à être une « vitrine des bonnes pratiques des élus de la République et de ceux qui la serven ». Donc Léa Nature sert la République dans la catégorie pédagogie pour son action en faveur des abeilles. Rien de moins !
Ce groupe mène grandes campagnes de publicité en partenariat Terre d’abeilles et le MDRGF (Le Monde, les Echos… [lire ici et ici]). Les publicités pleine page reprennent une phrase “attribuée probablement à tort Einstein” (journal 20 minutes du 22/02/2008) qui donnait 4 ans de survie à l’humanité, si les abeilles venaient à disparaître. Adhérente du Club 1 % pour la planète, Jardin Bio (Groupe Léa Nature) entreprise basée à La Rochelle, consacre au minimum 1 % de son chiffre d’affaire annuel à des associations environnementales.
A notre connaissance, les actions des associations citées ci-dessus sont basées sur la sensibilisation du grand public notamment dans les villes.
Question : que font ces mêmes associations pour aider concrètement les apiculteurs des champs ?
Moins d’un étudiant sur trois se dit préoccupé par les problèmes liés à l’environnement. C’est ce qui ressort d’une enquête Opinion Way pour l’Enseignement supérieur et la Recherche. Les étudiants se sentent davantage concernés par l’emploi, l’insertion professionnelle, le pouvoir d’achat ou encore le logement.