NKM fait des vagues
La secrétaire d’Etat à l’Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, a répondu mardi aux critiques exprimées à son encontre par les députés UMP à l’occasion de l’examen du projet de loi sur les OGM, estimant qu’il y a eu “un manque de préparation” au sein du groupe majoritaire. “Sur un des points particuliers, celui de l’encadrement d’éventuelles futures cultures d’OGM, il peut y avoir des nuances qui s’expriment dans le débat”, a dit Mme Kosciusko-Morizet dans les couloirs de l’Assemblée. “Ce que je critique c’est un manque de préparation qui fait que certaines opinions minoritaires, qui auraient mérité des débats à l’intérieur du groupe, n’on pas été purgées”, a-t-elle dit. Elle a par ailleurs “déploré l’exploitation politicienne faite par la gauche” sur l’amendement d’André Chassaigne (GDR-PCF).
Cet amendement, voté avec les voix du PCF, des Verts, du PS, du MoDem, du NC et de trois députés UMP, renforce l’encadrement de l’utilisation des OGM, notamment dans les zones d’appellation d’origine contrôlée (AOC).
“J’ai exprimé au nom du gouvernement une position qui était celle de la +sagesse+ sur un amendement qui était un amendement de la majorité, celui de Louis Giscard d’Estaing” (UMP), a-t-elle fait valoir.
Dans la nuit du 2 au 3 avril, M. Giscard d’Estaing, qui avait déposé un amendement similaire à celui de M. Chassaigne, l’avait finalement retiré. “A la suite de votes successifs, il y a eu vote sur l’amendement de l’opposition”, a précisé la secrétaire d’Etat.
Mardi, la réunion du groupe UMP a été quasi exclusivement consacrée à ce texte. “Quand un amendement vient de la gauche et que le gouvernement s’en remet à la sagesse de l’Assemblée, ça veut dire tout simplement qu’il l’approuve”, avait critiqué le président du groupe, Jean-François Copé.
Lors de la reprise des travaux mardi, Jean-Louis Borloo (Ecologie) s’est déclaré “intégralement solidaire” de la position de sa secrétaire d’Etat.
Les organisations écologistes Greenpeace et France Nature Environnement (FNE, 3000 associations), ont volé mardi au secours de la secrétaire d’Etat à l’écologie.
Pour Greenpeace, le groupe UMP “instruit un procès en sorcellerie” contre cette dernière, “coupable d’avoir défendu un amendement limitant la contamination de l’agriculture par les OGM (…) qui plus est soutenu par l’opposition”, écrit l’ONG dans un communiqué.
FNE condamne également “avec la plus grande fermeté” l’attitude des députés de la majorité contre la secrétaire d’Etat.
“NKM a eu le seul défaut de s’en remettre à la sagesse du Parlement et pas à celle du lobby OGM”, estime Arnaud Gossement, porte-parole de la fédération, ajoutant que “le vrai problème (est que) le lobby OGM s’est pris les pieds dans le tapis à force de contradictions”.
Les relations entre Mme Kosciusko-Morizet et les députés de la majorité sont tendues depuis plusieurs mois, les élus UMP n’ayant jamais digéré la “bise” échangée début janvier par la ministre avec l’altermondialiste José Bové qui commençait une grève de la faim pour obtenir la clause de sauvegarde contre le maïs OGM MON810.
Source : AFP - Agence France Presse


Promis, ce n’est pas un poisson d’avril, la discussion du projet de loi sur les OGM arrive demain, 1er avril, à l’Assemblée Nationale. C’est donc la mobilisation générale chez les militants anti-OGM, de Greenpeace à Attac en passant par les Amis de
José Bové est devenu, depuis quelques années, l’icône de la lutte contre la mondialisation et contre les OGM. Même s’il n’a pas participé au Grenelle de l’Environnement, il est apparu comme un interlocuteur privilégié du gouvernement, tutoyant et faisant la bise à Nathalie Kosciusko-Morizet, la secrétaire d’Etat chargée de l’Ecologie. Aujourd’hui, tous les médias consacrent José Bové comme l’homme qui a réussi à obtenir l’interdiction de la culture d’OGM en France, avec sa grève de la faim entamée début janvier 2008 pour réclamer un moratoire sur le maïs transgénique Mon 810. Toutefois, comment expliquer le phénomène Bové et les raisons de l’importante médiatisation dont il bénéficie ?