Même si elles ne passent jamais par les urnes, les ONG ne peuvent s’empêcher de faire de la politique, de distribuer des bons et mauvais points et surtout, de dicter au Président de la République sa politique. Dernier motif : les économies d’énergie « ne figurent pas au premier rang des priorité » pour le présidence française de l’UE, selon le courrier envoyé à Nicolas Sarkozy par Greenpeace, la fondation Nicolas Hulot et le WWF. “A l’heure où la France prend la présidence de l’Union européenne et où les ministres de l’Energie et de l’Environnement se retrouvent à Paris (…) nous constatons avec inquiétude que la réduction de notre consommation d’énergie ne figure pas au premier rang des priorités”.
Pourtant, difficile de faire plus vert pour une politique entre le Grenelle de l’environnement et le bilan de santé de la PAC qui devrait signer l’interdiction de nombreuses molécules constitutives de produits phytosanitaires. Une terre plus verte mais sans production alimentaire, voilà un nouvel équilibre qui devrait être bien instable…
L’association France Nature Environnement lance une grande campagne pour sauver… le Grand Hamster d’Alsace qui serait en voie de disparition en France. “Avant qu’il ne soit trop tard, mobilisons-nous pour le protéger et pour préserver son territoire.” Voilà donc l’urgence du moment. L’association appelle à signer une pétition et mobilise pour demander aux décideurs un renforcement des mesures de protection du grand hamster d’Alsace”.
Le Figaro (18 juin 2008) rapporte qu’à l’heure de la crise des institutions européens, « Bruxelles se voit notamment accusée de cécité politique, publiant des communiqués jugés futiles sur ce hamster d’Alsace ».
L’Europe est en crise, des régions du monde crient leur faim mais nous, occidentaux, nous nous penchons sur le cas de ce grand hamster. Diantre, ce serait cocasse si la situation n’était pas sérieuse !
Fabrice Nicolino, journaliste avec qui nous débattons par blogs interposés, dresse sur son blog un tableau noir des 40 ans d’activisme vert. Est-ce ce qu’il pense ? Ne serait-ce pas une stratégie visant à renforcer davantage des mouvements devenus surpuissant aussi bien médiatiquement et politiquement que financièrement ?
« Toutes les tendances de cette écologie officielle, plus quelques autres que je n’ai pas le temps de citer, se sont retrouvés à la table de Borloo et Kosciuko-Morizet l’automne dernier. Je veux parler du Grenelle de l’Environnement, bien sûr. À cette occasion, le mouvement a montré où il en était, c’est-à-dire au même point qu’en 1969. C’est-à-dire bien plus bas en réalité. (…) Il est temps de faire un bilan. Selon moi, il est limpide : nous avons échoué, tous, à empêcher l’emballement de la machine à détruire la vie. (…) Je ne crois pas, en effet, qu’on puisse se contenter de risettes de Borloo, de bises de Kosciucko et de passages à la télé. (…) Nous avons échoué, soyons sérieux. Il faut le dire, il faut l’écrire, il faut même le proclamer. »
Sur son blog, Fabrice Nicolino règle ses compte avec les ONG (FNE, WWF, Greenpeace). Impressionnant. Morceaux choisis :
« Aujourd’hui, FNE fédère officiellement 3 000 associations locales, thématiques ou régionales. C’est un réseau impressionnant, mais le drame est qu’il ne sert à rien. J’entends déjà les cris, y compris d’amis, et qu’on me pardonne, mais je persiste : à rien. (…) Ce mouvement s’est alors engagé dans une impasse totale, en traitant chaque jour avec des acteurs inconscients, mais imposants, de la destruction du monde. Et ces derniers ont gagné, car ils étaient la force, tandis que le mouvement s’est enlisé, épuisé, avant de s’arrêter au bas d’une côte qu’il ne montera jamais. (…) Bien entendu, ce bilan calamiteux ne se limite pas à FNE. Un jour peut-être, la véritable histoire du WWF sera écrite. Et ce jour-là, la surprise sera au programme, croyez-moi. Car cette association internationale financée par l’industrie n’aura cessé de chercher et de trouver des accommodements avec les pires transnationales. Par exemple en osant « vendre » à la société l’idée d’un usage soutenable du bois tropical. Ou du soja. Ou des biocarburants. Cette politique-là est simplement scandaleuse, et tout le monde se tait. Mais pas moi. (…) Greenpeace ? J’ai été membre du Conseil statutaire de ce groupe pendant des années. Ne me demandez pas ce que c’est, car je l’ignore. Pour moi, cela signifiait participer à des réunions inutiles, une à deux fois par an. (…) Pour ce que j’ai pu voir, Greenpeace n’est plus. Les cinglés de 1971 voguaient à bord du Phyllis Cormack en direction de l’Alaska, pour y occuper le site des essais nucléaires américains. Ceux d’aujourd’hui gèrent la manne du fundraising, méthode éprouvée pour récolter du fric auprès de millions de donateurs. Certes, et ce n’est pas rien, Greenpeace ne dépend ni de l’État ni de l’industrie. Mais ses cadres supérieurs, souvent recrutés par petite annonce hors du mouvement écologiste, sont des cadres supérieurs. Et Greenpeace-France est une PME de l’écologie, tristement incapable, par exemple, de mener la bagarre pourtant essentielle contre les biocaburants. Dieu sait pourtant que je les y ai invités ! »
Alors que la polémique sur les biocarburants n’en fini plus, le WWF prend tout le monde à contre-pied au Brésil. Là-bas, le gouvernement lance de programme de production d’éthanol à partir de la canne à sucre. « Remplacer l’essence par de l’éthanol est une bonne affaire pour l’environnement » selon Luis Fernando Laranja, directeur du WWF Brésil qui affiche son soutien au programme gouvernemental. Et il va encore plus loin en affirmant qu’il souhaite dissiper les « mythes » qui entourent la production d’éthanol (déforestation amazonienne, conséquence sur les productions alimentaires…).
On attend les commentaires du WWF France…
Si la personne de l’accueil réserve un bon accueil et un sourire chaleureux aux étranges visiteurs, les responsables de la salle de réunion semblent avoir nettement moins le sens de l’humour. Quand Greenpeace mène des opération coup de poing, l’ONG met facilement en avant l’humour et l’art de la mise en scène. Mais l’arroseur arrosé ne fait pas mouche chez les écolos.
Le poil à gratter, c’est toujours meilleur chez les autres…
Bertrand Pancher, député UMP et président du comité opérationnel du
Grenelle sur les institutions a remis son pré-rapport ministre chargé de
l’environnement Jean-Louis Borloo. Il propose « non seulement de faire rentrer, à terme, 30 à 40 représentants d’ONG dans le Conseil Economique et Social (CES), mais aussi que cet organe soit systématiquement saisi pour avis à chaque avant-projet de loi lié à l’environnement ». Et de préciser les critères : « Après une réflexion avec France nature environnement (FNE), Alliance pour la planète et FNH, nous avons établi des critères obligatoires: les associations devront dépasser 5.000 adhérents à l’échelle nationale, faire preuve de transparence sur leurs aspects financiers, et être agréées par le gouvernement. Enfin, un critère d’ancienneté devrait être introduit ». Donc, les ONG décident elles-mêmes des critères sur lesquels elles pourront entrer au CES… Cela se comprend : la soupe est bonne au CES !
A la fin de l’ouvrage très bien documenté de Pierre Kohler – Greenpeace : le vrai visage des guerriers verts (Presses de la Cité) –, le journaliste s’interroge à raison sur les motivations réelles de Greenpeace. Et il y a en effet de quoi se poser des questions quand on regarde comment la multinationale verte choisit ses cibles. L’exemple de l’opération contre le porte-avions Clemenceau est particulièrement révélateur à ce titre. Rappelons que, fin 2005, le vieux navire croupit dans la rade de Toulon, attendant de partir pour un chantier de démolition en Inde. C’est à ce moment que Greenpeace lance une opération médiatique spectaculaire en allant sur le porte-avions afin de dénoncer le fait que celui-ci serait bourré d’amiante. Les guerriers verts entament alors une bataille juridique avec l’Etat français pour l’empêcher d’envoyer le Clemenceau en Inde. Or c’était « la première fois, comme l’explique Kohler, qu’une marine nationale avait procédé au désamiantage d’un navire avant sa démolition ». C’était du jamais vu et un progrès appréciable d’un point de vue écologique. Selon l’écologiste Jacky Bonnemains, Président de l’Association Robin des Bois, « non seulement l’Etat français ne s’est pas comporté en pollueur, mais il a eu au contraire un comportement carrément exemplaire ».
Donc, Greenpeace s’en prend au Clemenceau alors que celui-ci a été dépollué et, bizarrement, est restée silencieuse au sujet des « 90 navires qui, depuis 2005, ont rejoint l’Inde et le Bangladesh sans aucune dépollution préalable ». Quand en mai 2005, l’USS America, un vieux navire de guerre américain près de quatre fois plus gros que le Clem, est coulé au large des côtes de Caroline du Nord, Greenpeace reste muette. Même silence pour le porte-avions USS Oriskany, coulé quelques jours plus tard au large des côtes de Floride. Kohler se demande : « L’amiante qu’il renfermait était-elle par miracle devenue inoffensive ? » Et quand un journaliste demanda à l’époque au directeur de Greenpeace USA s’ils allaient monter des actions contre cela, ce dernier répondit : « Non, pas du tout… » Pourquoi, d’un côté, une telle clémence de Greenpeace pour les autorités américaines qui non seulement continuent à utiliser l’amiante et ne se sont jamais embarrassées de dépolluer leur navire avant de les faire couler, et de l’autre côté un acharnement de l’association écologiste contre la France alors que celle-ci a interdit depuis dix ans l’amiante et s’est engagée à dépolluer ses navires ? Cela ressemble à s’y méprendre au débat sur les OGM. Greenpeace USA n’a plus de campagne depuis plusieurs années contre les OGM alors que les Etats-Unis en sont les premiers producteurs et Greenpeace France en fait à l’inverse l’une de ses principales campagnes.
Tout cela démontre que les véritables motivations de Greenpeace ne sont pas la protection de l’environnement. Pour Pierre Kohler, il n’est pas saugrenu de penser que Greenpeace puisse être « au service de commanditaires souhaitant déstabiliser un concurrent tout en restant dans l’ombre, sans se salir les mains ». En quelque sorte, des « mercenaires verts » !
Dans son livre (Greenpeace : le vrai visage des guerriers verts, Presses de la Cité), Pierre Kohler passe en revue les nombreuses désinformations à l’actif de Greenpeace. Par exemple, Greenpeace s’était félicitée que l’édition canadienne de Harry Potter et l’Ordre du Phénix ait été imprimée sur papier recyclé, épargnant 28.221 arbres selon l’association écologiste. Le journaliste note non sans humour « la précision, totalement illusoire » et précise que « le papier dont sont faits les livres est élaboré à partir non pas du bois d’un arbre, mais de sciure de bois résultant de son découpage pour faire des planches, donc des meubles… »
Pierre Kohler rappelle également que Greenpeace a lancé dans les années 90 « cette étonnante histoire des moutons aveugles de Patagonie », selon laquelle les bergers de Patagonie et leurs moutons perdaient la vue en raison de l’amincissement de la couche d’ozone. Un reporter américain mena son enquête en 1992 et trouva qu’un seul et unique ranch où se trouvaient des moutons aveugles. Et encore, seuls 2% du troupeau étaient touchés et non pas en raison de la couche d’ozone mais d’une maladie parasitaire !
De même quand Greenpeace s’est opposée à la fin des années 80 à la construction d’une piste d’atterrissage en terre Adélie, l’explorateur Paul-Emile Victor, que l’on ne peut soupçonner d’être un fossoyeur de la nature, a dénoncé la campagne de ceux qu’il appellera plus tard les « Greenpisseux » : « Lorsque Greenpeace prétend que cette piste est construite dans un but stratégique, elle ment, et le pire c’est qu’elle le sait. » Et concernant la menace évoquée par Greenpeace que ferait peser cette piste d’atterrissage sur la vie de huit espèces d’oiseaux rares, Paul-Emile Victor affirma que « c’était également faux, car il n’existe aucune espèce rare ou en voie d’extinction en terre d’Adélie »…
Il y a quelques jours, l’Alliance pour la Planète demandait au chef de l’Etat, Nicolas Sarkozy, de réduire obligatoirement de 20% la consommation d’énergie d’ici 2020. Alors sans doute faudra-t-il suivre l’exemple de la ligue japonaise de base ball qui a décidé de réduire la durée des matches pour réaliser ainsi des économies d’énergie en éclairage. Les matche de football ne dureront bientôt que 75 minutes ?
C’est ce que confirme Laure de La Raudière, députée d’Eure et Loire dans un lettre ouverte publiée dans la presse. Extrait saisissant :
« En tant qu’élue d’un département agricole, j’ai décidé de donner mon point de vue sur la loi sur les OGM. J’ai l’impression qu’on cherche à manipuler l’opinion en provoquant une peur irraisonnée. Ma conviction est que la très grande médiatisation des opposants aux OGM a occulté tout débat objectif. Il faut savoir que nous, les députés, avons subi une très forte pression de la part des associations anti-OGM, au nom du principe de précaution. Mais je n’ai reçu aucune visite des industriels semenciers du Nouveau Monde. (…) Les OGM existent déjà sans tous les garde-fous que nous voulons mettre en place. Alors, si nous voulons maîtriser les OGM, voire les interdire, nous devons d’abord mieux les connaître. Pour ce faire, nous disposons d’un outil remarquable : la recherche française et européenne. Voici pourquoi je déclare que nous devons comprendre avant de condamner. »
Selon Yannick Jadot, Directeur des Programmes de Greenpeace France et membre de l’Alliance pour la Planète, la France est victime « de conservatismes injustifiables et des modes de pensée qui privilégient le passé à l’avenir ». Voilà qui résume le crédo des ONG : être progressiste sur le plan temporel : inutile de regarder derrière soi, il faut avancer car la nouveauté est toujours bonne. Une fois la majorité mise au banc d’un revers de main par Yannick Jadot, l’Alliance impose son point de vue et fait pression. Aucun autre programme que celui des toutes-puissantes ONG n’est envisageable. Concrètement, « Réduction de 30% des émissions de gaz à effet de serre, réduction obligatoire de 20% de la consommation d’énergie et 23% d’énergie renouvelables d’ici 2020, tels sont les engagements que l’on attend du Président ». Rien, que ça !
Le discours du président Nicolas Sarkozy, vendredi devant les 16 principales économies réunies à Paris au chevet du climat, a été jugé “très mou” par Greenpeace et “timoré” par le Fonds mondial pour la nature (WWF). “Nous attendons que la France soit exemplaire dans l’application des objectifs fixés lors du Grenelle de l’Environnement et porte l’ambition d’une réduction de 30% des émissions de GES (Gaz à effet de serre) en 2020 lors de sa présidence de l’Union européenne”, a précisé le WWF. (source : AFP)
Les ONG ne cachent plus la pression qu’elles exercent sur le pouvoir en place…
Les Verts viennent de demander la création d’une commission d’enquête sur l’influence exercée par les entreprises semencières sur les parlementaires français.
Oh, le beau coup de com’ pour masquer le vrai travail de lobbying effectué par les ONG au Parlement !
La commission d’enquête ne verra jamais le jour. Ce qui serait drôle c’est qu’on puisse en conclure que l’influence des semenciers est nettement en deçà de celle des ONG…