Même si elles ne passent jamais par les urnes, les ONG ne peuvent s’empêcher de faire de la politique, de distribuer des bons et mauvais points et surtout, de dicter au Président de la République sa politique. Dernier motif : les économies d’énergie « ne figurent pas au premier rang des priorité » pour le présidence française de l’UE, selon le courrier envoyé à Nicolas Sarkozy par Greenpeace, la fondation Nicolas Hulot et le WWF. “A l’heure où la France prend la présidence de l’Union européenne et où les ministres de l’Energie et de l’Environnement se retrouvent à Paris (…) nous constatons avec inquiétude que la réduction de notre consommation d’énergie ne figure pas au premier rang des priorités”.
Pourtant, difficile de faire plus vert pour une politique entre le Grenelle de l’environnement et le bilan de santé de la PAC qui devrait signer l’interdiction de nombreuses molécules constitutives de produits phytosanitaires. Une terre plus verte mais sans production alimentaire, voilà un nouvel équilibre qui devrait être bien instable…
« Je ne pense pas que je vais conduire une liste (NDLR : aux élections européennes de 2009 ». C’est la réponse qu’a finalement donnée Nicolas Hulot mettant fin à un pseudo suspense de plusieurs mois. Nicolas Hulot a d’autres préoccupations : « Les Verts m’ont aussi invité à leurs journées d’été mais, comme je vais le dire à Cécile Duflot que je serai probablement en tournage pour mon film. » Mais le très médiatique militant envisage “une initiative cet automne pour donner envie aux gens de s’intéresser à ces élections”. Rien de surprenant donc dans cette annonce. Nicolas Hulot aime bien une certaine politique : faire parler de lui pour mieux influencer. En revanche, il craint la confrontation avec les électeurs. On n’est donc pas prêt de le voir se risquer au grand jeu de la démocratie. Il aurait trop à y perdre…
La Secrétaire d’Etat à l’Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, ne cache pas son soutien à Kokopelli. Selon Environnement Magazine, Nathalie Kosciusko Morizet serait même adhérente de l’association Kokopelli. Que pense-t-elle des propos tenus sur ce blog par le président de Kokopelli, Dominique Guillet à propos du Grenelle de l’Environnement (lire ici) ?
« Présidence française de l’Union européenne, une présidence au service de l’environnement », c’est le nom du dernier dossier médiatique et politique de Greenpeace. L’ONG surfe sur la vague verte et veut intensifier son lobbying au plus haut niveau de l’Etat et de l’UE. Energie, pollution, biocarburants, OGM, pêche et forêts, aucun sujet ne passe à la trappe.
« En faisant des économies d’énergie sa grande priorité, en préférant la responsabilité politique aux effets d’annonce, sur les OGM, l’agriculture et la pêche, en affichant solidarité et équité sur les forêts et dans les négociations internationales sur le climat, l’Europe s’engagerait dans la sortie d’une crise globale et profonde. Et la France pourrait prétendre à un rôle d’avant-garde longtemps revendiqué mais toujours pas mérité. »
C’est ce qui s’appelle donner des leçons de politique… et ça marche ! (à condition de ne pas passer par les urnes)
Elles ne sont pas journalistes ni experts auto-désignés et pourtant, elles brassent du vent. Il s’agit des éoliennes bien sûr. Dernier coup de théâtre, l’intervention de l’ancien président de la république, Valéry Giscard d’Estaing. Selon lui, l’installation des ces nouveaux moulins n’est pas démocratique. « Il faudrait que les gens soient vraiment consultés », a-t-il dit récemment sur RMC, ajoutant que l’organisation de référendums locaux serait « une très bonne idée ».
C’est ce matin que le projet de loi post-Grenelle doit être présenté au conseil des ministres. Après l’intervention de Nicolas Hulot, le gouvernement tremble et décide d’accélérer pour obéir aux ordres de l’animateur vedette de TF1. Jean-Louis Borloo a même déclaré hier que le projet “est le premier en liste d’attente: ce sera le dernier de la session ou le premier de la rentrée”.
Dans une dépêche de l’agence Reuters consacrée à la rencontre entre Nicolas Sarkozy et Angela Merkel, Emmanuel Jarry n’hésite pas à mettre les pieds dans le plat : « Les Français reprochent aux Allemands de vouloir ménager leur production de grosses cylindrées et les Allemands insinuent que les Français ont surtout à coeur de défendre leurs “petites voitures” ».
Ainsi donc, les politique « responsables » en matière de climat et d’émission de CO2 ne seraient qu’une imposture de bonne conscience sous couvert d’intérêts économiques et politiques ? Qu’en pense Nicolas Hulot ?
Il aura suffit de quelques heures. Après la très médiatique sortie de Nicolas Hulot accusant le gouvernement de trainer dans le processus législatif post-Grenelle, le projet de loi gouvernemental qui fait suite au Grenelle sera présenté dès mercredi en conseil des ministres. Certes, le calendrier parlementaire n’est pas (encore ?) modifié et ce sera bien à l’automne que députés et sénateurs discuteront de ce projet. Mais tout de même, quel influence ce Nicolas.
Après une période d’effacement, Nicolas Hulot (qui n’exclu pas de présenter une liste aux élections européennes de 2009) refait surface. Il s’inquiète du calendrier de mise en oeuvre du Grenelle : «Ces délais (…) sont d’autant plus préoccupants qu’on assiste, aujourd’hui, à une spectaculaire convergence des crises. Hausse du prix du pétrole, raréfaction des ressources, déséquilibre climatique aggravé, tensions sur la production alimentaire, déclin de la biodiversité se conjuguent pour ouvrir un épisode historique susceptible de déstabiliser l’économie mondiale et de provoquer des conséquences sociales dramatiques dont, déjà, certains effets apparaissent». Il s’agit d’une réaction à l’annonce par le gouvernement du report à l’automne du débat législatif sur la première loi Grenelle. Pour Nicolas Hulot, il faut aller plus vite « entrer dans le concret dès 2009.»
A l’occasion de la journée mondiale de l’environnement, Ushuaïa TV propose ce soir une émission spéciale ce soir « Passage au vert ». On y retrouvera la secrétaire d’Etat à l’Ecologie NKM (Nathalie Kosciusko Morizet), l’euro-député vert Dany le Rouge (Daniel Cohn Bendit) et le Directeur Généra du WWF France, Serge Orru.
Voilà un débat qui premet d’être… consensuel.
Au cours de l’émission « La santé polluée », les téléspectateurs étaient invités à poser des questions via internet ou sms. Mais voilà, l’émission met en garde les utilisateurs de téléphones portables contre les dangers des ondes. Mais par une jolie pirouette, la présentatrice réussit à inviter les téléspectateurs à envoyer des sms. Elle les rassure :
« Nous sommes là en direct pendant 2 heures pour répondre à vos questions. Alors plusieurs moyens pour nous contacter : d’abord le téléphone portable. Il n’y a aucun danger normalement si vous tapez un sms. Vous pouvez y aller. Vous tapez d’abord ECOLO puis votre message et vous envoyez le tout au 41 555 ».
Précision : le sms est surtaxé de 5 centimes d’€.
“Synthèse écologique” ! C’est comme cela que Cécile Duflot voit le projet d’une liste verte aux élections européennes de juin 2009. Un an pour faire l’unité entre Nicolas Hulot, Daniel Cohn-Bendit et José Bové ! Et la jeune secrétaire des Verts veut y croire. « Personne ne peut s’imaginer s’imaginer à quel point ce rassemblement serait un catalyseur positif a-t-elle expliqué au quotidien Libération. La seule certitude c’est qu’aux européennes, il y aura une liste écologiste à partir d’un projet montrant que l’alternative n’est pas libérale mais écologique. »
Qu’en pensent les intéressés ?
Bové est « ouvert à la réflexion, après les combats menés en commun sur le Grenelle et contre les OGM. Chacun avec ses propres pratiques a pesé concrètement et dans le respect des autres ». Dany le rouge (vert) est « suspendu à la décision de Hulot, qui hésite encore ». Ce dernier (Hulot) « réfléchit, discute avec Dany et consulte une série de gens » selon un de ses proches.
Le maire de Paris, Bertrand Delanoë a la mémoire courte. S’il a dû compter sur le précieux soutien des Verts pour mener sa politique lors de son premier mandat, il peut aujourd’hui se passer de leur soutien. Conséquence directe : Delanoë fait une croix sur l’écologie. Avec le soutien du Parti Communiste, la majorité parisienne souhaite construire des logements sociaux dans l’actuel parc Sainte Périne. L’UMP se retrouve donc aux côtés des Verts pour s’opposer à la destruction d’un des plus vieux jardins de la capitale de 4.000 m2.
Le PCF et le PS, d’ordinaire si prompts à soutenir les ONG vertes, deviennent donc les promoteurs d’une opération de bétonnage au cœur de Paris. Du coup, les associations répondent aux abonnés absents sur ce dossier.
Invité hier soir du rendez-vous politique de La Tribune et BFM TV, Claude Allègre a ré-exprimé ses doutes quant aux causes du réchauffement climatique. « Quand Al Gore affime dans son film que le niveau de la mer va monter de six mètres… Depuis 1976, il n’a pas progressé d’un pouce. Qu’il y ait un changement climatique, c’est sûr, mais cela ne prouve en rien que cela est dû au gaz carbonique. Il a neigé à Canton, pour la première fois depuis quatre-vingts ans, à Bagdad, cela ne s’est jamais produit. A une époque, le Groenland était tout vert, d’où son nom : « green land ». Au Moyen Âge, on traversait les Alpes à pied. »
C’est le titre d’un article publié dans le dernier numéro de l’Express qui rappelle que « le ministre d’Etat se fait surtout remarquer par sa discrétion ». L’hebdo rappelle que le superministère avait été « taillé pour Alain Juppé ». Le Grenelle de l’Environnement est aussi en cause : après « une vraie réussite en novembre », il « déçoit le monde écolo et hérisse la majorité parlementaire ». Comble du comble qui ressemble à un coup de poignard en fin d’article : « Tu es trop seul », lui a dit récemment un député ami. Aïe ! Aïe ! Aïe !
C’est ce que confirme Laure de La Raudière, députée d’Eure et Loire dans un lettre ouverte publiée dans la presse. Extrait saisissant :
« En tant qu’élue d’un département agricole, j’ai décidé de donner mon point de vue sur la loi sur les OGM. J’ai l’impression qu’on cherche à manipuler l’opinion en provoquant une peur irraisonnée. Ma conviction est que la très grande médiatisation des opposants aux OGM a occulté tout débat objectif. Il faut savoir que nous, les députés, avons subi une très forte pression de la part des associations anti-OGM, au nom du principe de précaution. Mais je n’ai reçu aucune visite des industriels semenciers du Nouveau Monde. (…) Les OGM existent déjà sans tous les garde-fous que nous voulons mettre en place. Alors, si nous voulons maîtriser les OGM, voire les interdire, nous devons d’abord mieux les connaître. Pour ce faire, nous disposons d’un outil remarquable : la recherche française et européenne. Voici pourquoi je déclare que nous devons comprendre avant de condamner. »
Selon Yannick Jadot, Directeur des Programmes de Greenpeace France et membre de l’Alliance pour la Planète, la France est victime « de conservatismes injustifiables et des modes de pensée qui privilégient le passé à l’avenir ». Voilà qui résume le crédo des ONG : être progressiste sur le plan temporel : inutile de regarder derrière soi, il faut avancer car la nouveauté est toujours bonne. Une fois la majorité mise au banc d’un revers de main par Yannick Jadot, l’Alliance impose son point de vue et fait pression. Aucun autre programme que celui des toutes-puissantes ONG n’est envisageable. Concrètement, « Réduction de 30% des émissions de gaz à effet de serre, réduction obligatoire de 20% de la consommation d’énergie et 23% d’énergie renouvelables d’ici 2020, tels sont les engagements que l’on attend du Président ». Rien, que ça !
Les pays riches n’ont pas eu la volonté d’aider les nations plus pauvres avec les fonds, les semences et les investissements destinés à la mise sur pied des infrastructures nécessaires à l’augmentation de la production céréalière mondiale, a jugé vendredi Jacques Diouf, secrétaire général de la FAO, l’organisation des Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation.
“Si le travail nécessaire est fait, la production augmentera à un rythme impressionnant”, a-t-il ajouté à Brasilia, à l’issue de la réunion bi-annuelle de la FAO en Amérique latine. Mais sans aide, les pays en développement ne peuvent tout simplement pas renforcer la production.
Laquelle production ne risque donc pas de s’accroître en 2009, a-t-il ajouté.
Au fait, qu’a dit le Grenelle de l’environnement sur ces problèmes alimentaires ? Pas grand chose. Egoïsme toujours.