Action commando écologiste : ou l’art de donner un visuel symbolique aux médias

28 mars 2007

Les commandos en actionOn apprend donc que Greenpeace a pénétré, mardi 27 mars, dans la centrale nucléaire de Belleville-sur-Loire (Cher) pour protester contre la construction du nouveau réacteur EPR en Normandie, à Flamanville (Manche).

Les militants (les commandos devrait-on dire) se sont arrimés sur une des deux tours de refroidissement de la centrale afin d’y inscrire “des slogans d’opposition à la construction de l’EPR” (European pressurized reactor), le réacteur nucléaire de troisième génération, a dit Yannick Rousselet, chargé de campagne nucléaire à Greenpeace. On y a apprend également que les activistes sont originaires de huit nationalités différentes.

Les moyens de Greenpeace sont colossaux.

D¹un point de vue technique, ce sont ceux du Peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM). Seuls ces derniers ont été en effet capables de le déloger Greenpeace.

Les moyens financiers, eux, ne sont pas petits (et c¹est un euphémisme).

Et d¹un point de vue médiatique : il y a connivence consciente ou inconsciente. Les médias ont largement couvert l¹information. En relayant dans leur colonne la prouesse sportive de 8 personnes seulement et en en faisant la Une, ils légitiment l¹intrusion de Greenpeace. Bien joué de la part de l¹association écolo qui détourne le débat et l¹image de la centrale nucléaire pour en faire le symbole d¹un danger. Malheureusement, le débat s¹éloigne du rationnel pour surfer sur des fantasmes et éveiller des angoisses collectives.

Notons la réaction de bon sens de la CGT : “Nous regrettons ce genre d’actions qui mettent à mal l’image du nucléaire, la seule énergie qui puisse, aujourd’hui, répondre aux besoins des populations“, a déclaré Jean-Charles Perray, secrétaire général de la section syndicale CGT de la centrale. La CGT dénonce donc les actions de Greenpeace…

Posté le 28 mars 2007 par Alerte-environnement

Catégorie écologie |

5 commentaires sur “Action commando écologiste : ou l’art de donner un visuel symbolique aux médias”

  1. Le 28 mar 2007 à 17:11 par Martine Legris #

    La CGT contre Greenpeace : on aura tout vu. Dommage pour l’environnement. Dommage qu’un tel syndicat revendique le nucléaire. Ce Jean-Charles Perray est bien irresponsable.

  2. Le 28 mar 2007 à 17:18 par Samuel #

    Le nucléaire est aujourd’hui la seule énergie qui puisse répondre aux besoins des populations mais la question est demain !

    L’action de Greenpeace a permis de mettre en évidence qu’il était très facile de s’introduire dans une centrale et qu’il y avait donc un grand danger à pouvoir pénétrer de la sorte dans une enceinte si dangeureuse.

    Face au nucléaire, si la recherche avançait dans le sens des énergies renouvelables, elles seraient plus compétitives et le tout nucléaire n’est pas une solution. Il faut veiller à élargir les possibilités pour palier les manques et savoir rebondir !

    C’est d’ailleurs pour cela qu’il faut ouvrir son esprit et ne pas rester cantonné sur ses positions sans avoir ne serait ce qu’une petite part d’objectivité.

    A bon entendeur, salut !

  3. Le 29 mar 2007 à 11:35 par pedrono #

    Alors là, vous avez carrement raison. Y a 8 pellos qui montent sur une tour. et ça fait la Une. Si, moi je me pointe avec 8 potes dans une centrale et appelle les journalistes, c’est sûr, ils ne viendront pas. Où est l’esprit de discernement de la presse qui se laisse embarquer par Greenpeace ? conclusion : les 8 pellos en question font l’actu et marquent l’esprit de l’opinion publique qui les suit… Je suis sûr qu’il y a avait plus de journalistes que de militants (remarque : comme à chacune de leur opération). Greenpeace, Act up : 8 pellos qui se courrent après mais ça donne une jolie image à la téloche. et ça influence tout le monde.

  4. Le 29 mar 2007 à 17:35 par Samuel #

    Ils sont malheureusement obligés de passer par là pour que quelqu’un écoute leurs revendications.Je ne suis pas toujours d’accord avec leurs actions parfois trop virulentes mais elles permettent au moins d’ouvrir le débat et de pointer des problèmes majeurs que chacun aurait trop vite fait d’oublier.

  5. Le 13 avr 2007 à 12:42 par Mikan #

    > Nous regrettons ce genre d’actions qui mettent à mal
    > l’image du nucléaire, la seule énergie qui puisse,
    > aujourd’hui, répondre aux besoins des populations

    Les besoins des populations sont bien éloignés de leur vie quotidienne, du gaspillage, de l\’inutile et du superflu.

    Avant de chercher comment maintenir et développer nos capacités de production d\’énergie, il convient de nous interroger sur nos besoins réels. Comme pour toute réflexion, et comme ce n\’est presque jamais fait.

    Rajouter une nouvelle couche de complexité, sur des fondations vaseuses, ça ne mène à rien d\’autre qu\’à l\’autodestruction. Au mieux, au temporaire limité et inconfortable, stressant, oppressant et frustrant.

    > les 8 pellos en question font l’actu et marquent
    > l’esprit de l’opinion publique qui les suit…

    Elle est bien bonne celle là (bien entendu, ça ne fait que reprendre ce qui est dit dans l\’article, qui est du même niveau).

    Tout le monde s\’en fout de Greenpeace, c\’est pas quelques minutes à la télé qui changeront la mentalité des gens. Ne vous inquiétez pas, les masses ne sont pas prêtes à participer au débat, et elle ne le feront pas. \”L\’écologie\”, de toute manière, ça ne reste pas plus de trente secondes dans la tête des gens. C\’est le système actuel. Il sait se défendre. Au pire, une manifestation par ci, par là. Rien de bien exceptionnel.

    C\’est quand même fou, comme la télévision a l\’air de vous impressionner.

    > Ils sont malheureusement obligés de passer par là
    > pour que quelqu’un écoute leurs revendications.

    Il y a une différence entre revendication, et alerte sur les problèmes actuels. Il y a aussi une très grande différence, entre revendication, et idéal.

    Greenpeace fait partie intégrante du système. Comme tant d\’autres, ils ne sont là que pour faire bien, pour soulager quelques consciences, pour que certains essaie de se reposer sur eux, pour faire croire que les choses bougent, que les choses avancent vers un quelconque mieux.

    Il ne s\’agit que d\’un travail local, qui restera un travail local pour toujours, car toujours très temporaire, et facilement renversable.

    Une perte d\’énergie énorme, qui serait bien mieux dépensée, dans les réflexions sur une société idéaliste, sans autre nom que ce qu\’elle est.

    > [...] elles permettent au moins d’ouvrir le débat

    Pendant trente secondes, avant que les préjugés reviennent au galop, et qu\’on zap sur \”quelque chose de plus intéressant\”.

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