Les héritiers écologistes de Malthus

30 mars 2007

Le 27 mars, je vous parlais du « thriller écolo » de Jean-Christophe Rufin, Le parfum d’Adam, paru chez Flammarion en janvier 2007. Dans un long commentaire expliquant sa démarche, l’auteur parle du facteur malthusien dans l’écologie radicale. Il cite entre autres William Aiken qui, dans Earthbound : Essays in Environmental Ethic (Random House, 1984), affirme qu’« une mortalité humaine massive serait une bonne chose. Il est de notre devoir de la provoquer. C’est le devoir de notre espèce, vis-à-vis de notre milieu. » On pourrait s’imaginer que cette déclaration choquante provient d’un hurluberlu isolé. Eh bien pas du tout ! En 1991, dans un entretien accordé aux Courrier de l’Unesco, le commandant Cousteau – le sympathique Captain Planet – déclarait : « Nous voulons éliminer les souffrances, les maladies ? L’idée est belle mais n’est peut-être pas tout à fait bénéfique sur le long terme. Il est à craindre que l’on ne compromette ainsi l’avenir de notre espèce. C’est terrible à dire. Il faut que la population mondiale se stabilise et, pour cela, il faudrait éliminer 350 000 hommes par jour. » Il faudrait donc dans cette logique malthusienne laisser faire la nature, c’est-à-dire laisser les maladies jouer leur rôle de régulateur démographique.

Posté le 30 mars 2007 par Alerte-environnement

Catégorie écologie |

2 commentaires sur “Les héritiers écologistes de Malthus”

  1. Le 30 mar 2007 à 14:54 par Pascal Sonand #

    Il y a de quoi avoir peur. Heureusement, tout ça est vieux (Cousteau est même mort) mais ça n’empêche pas certains de tenir des positions dangereuses. Attention

  2. Le 01 mai 2007 à 17:00 par Méryl Pinque #

    La surpopulation humaine est le probléeme n°1 dont découlent tous les problèmes environnementaux, et que personne n’ose aborder.

    Et pour cause… Croire que Cousteau, par cette phrase, préconisait un holocauste humain est délirant et diffamatoire. Il posait simplement un problème, en des termes concrets, maladroitement certainement car en effet il eût mieux valu prôner l’utilisation massive des contraceptifs que parler, même sur le mode de la métaphore, d’”élimination”.

    Parce que je suis écologiquement responsable (cf. Hans Jonas et son fameux principe de responsabilité), j’ai pour ma part décidé depuis longtemps de ne pas faire d’enfants.

    J’invite tout le monde à y réfléchir.

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