Le fonds de commerce de Greenpeace
7 mai 2008
Dans mon premier commentaire sur le livre de Pierre Kohler, Greenpeace : le vrai visage des guerriers verts (Presses de la Cité), j’écrivais que l’auteur évoquait le fait que Greenpeace avait « perdu son âme et ses valeurs d’origine ». En poursuivant la lecture de ce livre, il apparaît que Greenpeace n’est pas restée très longtemps sincère dans ses actions. En effet, après les campagnes menées contre les essais nucléaires, Greenpeace décide début 1975 de devenir une véritable organisation écologiste en se faisant le défenseur des baleines. Or comme l’explique Pierre Kohler, ces campagnes « Sauvons les baleines » sont rapidement devenues « le fonds de commerce » de Greenpeace. Cette cause sympathique, sensibilisant les jeunes et les adolescents, a fortement contribué à la notoriété de Greenpeace et à remplir les caisses de l’association écologiste. Le hic, c’est que selon un ancien responsable de Greenpeace, Paul Watson, Greenpeace s’est empressée de faire de l’argent sur le dos des baleines plutôt que de vraiment les protéger. Paul Watson, qui a créé dès 1977 la Sea Shepperd Conservation Society, accuse Greenpeace d’être « dirigée par des juristes, des banquiers et des bureaucrates ». Il écrit même au président de Greenpeace International en 2006 : « Vous venez (dans les mers du Sud) pour faire des films de baleines agonisantes, dans le but de récolter encore plus de fonds. » Idem pour la campagne en défense des bébés phoques lancée en 1975-1977 par Greenpeace. Paul Watson a reconnu en 1978 que « le phoque n’a jamais été en danger d’extinction, mais que sa chasse fut montée en épingle pour obtenir des fonds en jouant sur l’émotion des Américains et des Européens devant ce qui pouvait passer pour un massacre ». C’est sûr, rien de tel que des images chocs de baleines harponnées et de bébés phoques sanguinolents sur la banquise pour faire ouvrir le porte-monnaie des bonnes âmes sensibles…


Le 08 mai 2008 à 13:21 par Specht #
C’est vrai, mais cela n’excuse pas la manière dont on chasse le jeune phoque, ni la chasse irraisonnée à la baleine. En se servant de ces deux causes pour s’enfler les bourses, Greenpeace a desservi deux problèmes réels auxquels plus personne ne prête attention. Voilà ce qui se produit quand on laisse l’écologie aux idéologues.
Car la chasse aux phoques est effectivement un massacre pour deux raisons : 1) les jeunes phoques sont abattus par des “amateurs” un peu n’importe comment, des façons qui choqueraient n’importe quel chasseur français, 2) les chasseurs inuits expérimentés chassent dans le même esprit que lorsqu’ils pratiquaient avec des armes moins précisent, ce qui aboutit régulièrement à une “surchasse” que les autorités locales doivent régulièrement surveiller.
Enfin la “chasse” à la baleine pose le problème de régénération de l’espèce. C’est un peu comme le thon ou le requin, on se dirige systématiquement vers un déséquilibre entre le renouvellement des “stocks” naturels et la très forte demande.